Blog · 2026-07-29

Concours surveillant pénitentiaire : vos vraies chances (les chiffres)

Concours surveillant pénitentiaire : vos vraies chances (les chiffres)

« Surveillant pénitentiaire, c'est un petit concours de catégorie C : du sport, un QCM de culture générale, et une administration qui recrute à la marge. » C'est l'image qui circule. Elle est fausse sur presque tous les points. Depuis 2024, ce concours a changé de catégorie, changé de format d'épreuves, et recrute à un rythme que peu de concours de la fonction publique peuvent revendiquer.

Nous avons repris les textes officiels — communiqués du ministère de la Justice, arrêtés d'ouverture au Journal officiel, rapport de jury — pour poser une question simple : quand vous vous inscrivez à ce concours, contre combien de candidats vous battez-vous vraiment, sur quel format d'épreuves, et pour quel statut ? Voici l'analyse, chiffre par chiffre.


La nouvelle la plus importante : ce n'est plus un concours de catégorie C

Commençons par ce que presque aucun contenu concours n'a encore mis à jour. Le 1er janvier 2024, le corps des surveillants pénitentiaires est passé de la catégorie C à la catégorie B, avec un recrutement progressif au niveau baccalauréat. Le ministère de la Justice l'a confirmé noir sur blanc dans son communiqué du 27 mars 2025 : « le 1er janvier 2024 a marqué une réforme majeure avec l'intégration du corps des surveillants pénitentiaires en catégorie B ».

Concrètement, cette réforme a aussi entraîné :

À titre transitoire, le diplôme national du brevet reste accepté à titre exceptionnel pour les sessions en cours — mais la trajectoire est clairement fixée vers un recrutement niveau bac. Si votre référence mentale est « catégorie C », elle a un an et demi de retard.


Un recrutement en hausse, pas un concours confidentiel

Deuxième idée reçue à corriger : le volume. Le ministère de la Justice recrute par campagnes successives, et les chiffres sont d'une ampleur inhabituelle pour ce type de profil :

Campagne Postes annoncés
Automne 2024 1 500 nouveaux postes
2025 (concours national + spécial Île-de-France) plus de 1 000 nouveaux postes

Ces annonces se recoupent avec les arrêtés d'ouverture publiés au Journal officiel, qui montrent une tendance claire sur le seul concours externe à affectation nationale :

Session Postes (concours externe, affectation nationale)
1re session 2024 524
2e session 2024 1 524
1re session 2025 670
2e session 2025 1 170

À cela s'ajoutent les postes du concours interne, et un concours spécial à affectation locale en Île-de-France (206 postes en 2024, 68 postes rien que sur la session 1 de 2026). Le contexte explique ce volume : le ministère compte plus de 30 000 personnels de surveillance, qualifiés de « 3ᵉ force de sécurité de notre pays » — et une part significative des postes reste vacante face à une population carcérale record. Ce n'est pas un concours qu'on ouvre par intermittence : c'est un recrutement structurel, permanent, et qui ne montre aucun signe de ralentissement.


La sélectivité réelle : le premier obstacle, c'est de se présenter

Le nombre de postes ne dit rien sans le rapporter aux candidats réels. Le rapport de jury de la session 2024 (concours national à affectation nationale, toutes voies) donne un tunnel complet :

Étape Effectif
Inscrits 11 729
Présents à l'écrit 3 332
Admissibles (barre 12/20) 2 133
Présents à l'oral 1 657
Admis (liste principale) 524
Admis (liste complémentaire) 306

De ce tableau, un chiffre domine tous les autres : seuls 28 % des inscrits se présentent réellement à l'épreuve écrite (3 332 sur 11 729). Sur les concours que nous avons déjà analysés sur ce site, ce taux tourne en général autour de 50 %, et grimpe même à 61-63 % pour des concours de catégorie A plus sélectifs dans le recrutement du vivier. Ici, c'est l'inverse : on s'inscrit facilement, mais près des trois quarts des inscrits ne viennent jamais composer.

Une fois qu'on ne compte que les présents, la sélectivité redevient raisonnable :

Ces chiffres sont ceux d'une session (2024, affectation nationale) et doivent être lus comme un ordre de grandeur représentatif, pas comme une garantie statistique par session. Mais l'enseignement structurel est clair : le tri se fait avant l'écrit, par l'absentéisme massif des inscrits, pas par une compétition acharnée entre présents.


Attention : le format de l'épreuve écrite a changé en septembre 2025

C'est le point le plus souvent ignoré par les contenus de préparation encore en circulation : le QCM a été supprimé de l'épreuve d'admissibilité. Jusqu'à la session de printemps 2025, l'écrit combinait un QCM de culture générale/raisonnement logique et un compte-rendu rédigé. Depuis septembre 2025, l'admissibilité repose sur deux épreuves seulement :

Épreuve Phase Coefficient
Compte-rendu écrit (à partir d'images, documents ou vidéo) Admissibilité 1
Épreuves sportives (endurance Luc Léger, gainage, parcours d'habileté motrice) Admissibilité 2
Entretien oral (personnalité ou RAEP) Admission
Tests psychotechniques + entretien psychologique Admission (non notés)

Autrement dit, le sport n'est plus une simple formalité d'admission en fin de parcours : il conditionne l'admissibilité elle-même, à égalité de poids avec le compte-rendu. Beaucoup de fiches concours encore en ligne (y compris certaines pages officielles pas toutes remises à jour à la même vitesse) décrivent encore l'ancien format avec QCM — vérifiez toujours la date de la source avant de vous fier à un descriptif d'épreuves.

Positionnement important pour notre pack : notre pack QCM (90 questions + 30 QRC + 10 études de cas) a été conçu pour couvrir la culture professionnelle du métier — institutions pénitentiaires, statut du personnel, droit pénal, régime de détention, sécurité, déontologie. Avec la réforme, il ne simule plus l'épreuve écrite telle qu'elle existe aujourd'hui (compte-rendu + sport, sans QCM). Il reste utile comme base de connaissances pour bien analyser une situation au compte-rendu et pour répondre avec justesse à l'entretien de motivation — mais ce n'est pas un outil de simulation du format actuel de l'écrit. C'est à vous de préparer spécifiquement le compte-rendu rédigé et les barèmes sportifs.


Le métier et le salaire : ce qui a changé avec la catégorie B

Le surveillant pénitentiaire assure la sécurité et l'accompagnement des personnes détenues : contrôle des mouvements, gestion des conflits, participation à la lutte contre la récidive en lien avec les conseillers d'insertion et de probation. Après quelques années, des spécialisations existent (équipe régionale d'intervention et de sécurité, équipe locale de sécurité pénitentiaire, unité cynotechnique, moniteur de sport, formateur...).

Côté rémunération, le ministère communique des chiffres nets et datés (janvier 2025) :

Étape Rémunération nette
Formation ENAP (élève surveillant) 1 441 €/mois + logement gratuit pendant la scolarité
Sortie d'école 2 040 à 2 795 €/mois (hors heures supplémentaires)
Grades les plus élevés jusqu'à 3 099 €/mois

Le ministère souligne une progression de + 250 € nets/mois entre 2017 et 2025 sur le salaire de sortie d'école. Un dispositif spécifique existe pour l'Île-de-France (concours spécial CNAL) : une prime de fidélisation de 8 000 €, versée en trois fois sur cinq ans, contre un engagement à exercer six ans dans l'établissement d'affectation (Fleury-Mérogis, Fresnes, Paris-La Santé, Réau, Villepinte, Poissy, notamment).


Comment se déroule le concours

Deux voies principales coexistent, avec des affectations différentes :

Le calendrier et le nombre exact de postes varient à chaque session. Vérifiez toujours l'avis de concours en cours sur lajusticerecrute.fr et notre calendrier des concours. Pour un tour d'horizon complet de la préparation (épreuves, méthode, planning), consultez notre guide de préparation au concours de surveillant pénitentiaire.


Ce que ces chiffres changent pour votre préparation

  1. Réévaluez le concours à sa vraie catégorie. Ce n'est plus un recrutement C au rabais : c'est un concours B, avec un salaire de sortie d'école à plus de 2 000 € nets et une progression de carrière accélérée (40 % du corps accède désormais à brigadier-chef). Préparez-vous en conséquence, pas comme un concours mineur.
  2. Ne vous laissez pas impressionner par le nombre d'inscrits. Avec seulement ~28 % de présents à l'écrit, l'essentiel du tri se fait avant même la première épreuve. Vous présenter réellement et prêt, c'est déjà sortir du lot des trois quarts qui ne viennent pas.
  3. Préparez le bon format. Depuis septembre 2025, il n'y a plus de QCM à l'admissibilité : entraînez-vous spécifiquement au compte-rendu rédigé (analyse d'une situation à partir d'images/documents) et aux barèmes sportifs (Luc Léger, gainage, parcours de motricité), qui pèsent maintenant sur l'admissibilité elle-même.
  4. Consolidez la culture professionnelle en parallèle. Institutions pénitentiaires, statut du personnel, droit pénal, déontologie : ces connaissances ne sont plus notées via un QCM, mais elles restent indispensables pour bien réagir au compte-rendu et convaincre à l'entretien.

Méthodologie et sources

Le reclassement en catégorie B, le volume de postes par campagne, la structure salariale et les données d'effectifs proviennent des communiqués de presse du ministère de la Justice (27 mars 2025 notamment). Les postes par session (concours externe à affectation nationale et locale) proviennent des arrêtés publiés au Journal officiel (Légifrance), sessions 2024-2025 ; le nombre de postes pour la session 1 2026 n'était pas encore publié au moment de la rédaction. Les effectifs du tunnel (inscrits, présents, admissibles, admis) sont issus du rapport de jury de la session 2024, relayé par un site spécialisé ; ils sont présentés comme représentatifs d'une session récente, l'attribution exacte devant être revérifiée dans le rapport de jury officiel. La réforme des épreuves (suppression du QCM depuis septembre 2025) s'appuie sur un document syndical daté, corroboré par la description actuelle du concours sur le site du ministère de la Justice — attention, plusieurs pages officielles et pages tierces encore en ligne décrivent l'ancien format et ne doivent pas être prises pour la référence actuelle.


Préparez la culture professionnelle avec notre pack

Notre Pack Surveillant pénitentiaire propose 90 QCM inédits + 30 QRC corrigés avec grille d'évaluation, et 10 études de cas complètes sur des situations professionnelles réalistes (incident en détention, malaise d'un détenu, gestion de crise) en PDF (13 €), un examen blanc en ligne de 30 questions chronométré (9 €), ou le pack complet PDF + examen (19 €).

Positionnement important : depuis la réforme de septembre 2025, l'admissibilité n'est plus un QCM mais un compte-rendu rédigé et des épreuves sportives — notre pack ne reproduit donc pas le sujet officiel actuel. Il sert à construire la culture professionnelle (institutions, statut, droit pénal, déontologie) utile pour bien analyser une situation au compte-rendu et pour l'entretien, et les études de cas sont un bon entraînement au raisonnement demandé dans l'exercice de compte-rendu — mais ce n'est pas un outil de simulation du format actuel de l'écrit.

👉 Découvrir le Pack Surveillant pénitentiaire — ou testez directement l'examen en ligne.

Le concours recrute large, revalorise ses agents, et se prépare : mettez les chiffres de votre côté.

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